Avec
le coup d'envoi de l'édition 2008 au Ghana,
la Coupe d'Afrique des nations de football soufflera
sa 26ème bougie. Cette édition sera marquée par la
lutte entre les nouvelles puissances footbalistiques
et les grosses pointures du continent noir.
Le
football africain, dès sa naissance officielle vers
la fin du 20ème siècle, n'a cessé de surprendre les
observateurs par son émergence et son développement
constant après avoir franchi de grandes étapes en un
laps de temps, devenant à chaque phase finale de la
coupe du monde un adversaire de taille qui n'a rien
à envier aux autres écoles dans les quatre coins du
monde.
Il a réussi même, à maintes reprises, à s'illustrer
face à des géants du football mondial, grâce à des
équipes qui ont marqué de leur empreinte l'histoire
du Mondial, telles les sélections marocaine,
ivoirienne, camerounaise, nigériane et sénégalaise.
La CAN, ce rendez-vous biennal qui se tient sous
l'égide de la Confédération africaine de football
(CAF), retient de plus en plus l'attention du monde
entier, permettant ainsi à la CAF d'acquérir ses
lettres de noblesse.
Le 7 juin 1956, fut posée la première pierre dans
l'édification de cette grande instance sportive
continentale, à l'issue de la réunion à Lisbonne de
sept éminentes personnalités sportives africaines.
La déclaration officielle de la naissance de la CAF
a été proclamée le 8 février 1957 à Khartoum.
La constitution de cette instance a été l'œuvre de
trois pays, à savoir l'Egypte, l'Ethiopie et le
Soudan. L'Afrique du sud a été écartée à cause de
son régime de l'apartheid. Et la première édition de
la CAN va se dérouler deux jours seulement après
l'assemblée constitutive. Lorsque l'Egyptien
Abdelaziz Abdellah Salem avait saisi la FIFA à
l'occasion de son congrès extraordinaire en 1956 à
Zurich, il avait fait l'objet de plaisanterie de la
part des congressistes en raison du nombre limité
des membres de la CAF.
Sa demande n'a même pas été inscrite à l'ordre du
jour de la réunion de la FIFA. Il avait alors décidé
de ne pas assister aux travaux du congrès et avait
même envisagé de se retirer de la FIFA. ""Si tous
les pays ici ne sont pas traités sur un pied
d'égalité, notre présence parmi vous est inutile"",
avait-il lancé aux congressistes. Ce brave geste,
conjugué au soutien du Soudanais Mohamed Abdelhalim
qui avait lui aussi décidé de se retirer du congrès
en solidarité avec le délégué égyptien, a contraint
la FIFA à céder finalement au diktat des deux
hommes.
Des
hauts et des bas
La CAN, comme toute grande compétition, a connu des
hauts et des bas, des remaniements et autres
changements, sous l'impulsion des cinq présidents
qui se sont succédé à la tête de la CAF: les
Egyptiens Abdelaziz Salem (1957-1958) et le général
Mohamed Abdelaziz Moustapha (1958-1968), le
Soudanais Mohamed Abdelhalim (1968-1972),
l'Ethiopien Ydnekatchew Tessema (1972-1987) et le
Camerounais Issa Hayatou, en poste depuis son
élection pour la premier fois en mars 1988 à
Casablanca.
Ainsi, lors de la première édition (Khartoum-1957),
le tournoi est joué selon la formule ""Knock out""
ou élimination directe. Deux ans plus tard, avec les
mêmes sélections, la compétition se déroule sous
forme de championnat avec addition de points.
Cependant, lors de la troisième édition, qui a
accueilli deux nouveaux venus, la Tunisie et
l'Ouganda, on assiste à un retour à la formule du
""Knock out"", avec en prime un match de classement.
La CAN-1963 au Ghana sera le théâtre d'un important
renouveau: six équipes réparties en deux groupes de
trois disputeront le tournoi. Ce changement a été
inévitable après que de nouvelles associations
nationales aient rallié la CAF, notamment le Maroc
et le Ghana. A partir de l'édition 1968 en Ethiopie,
la CAN adoptera la formule qui semblait être
l'idéale: deux groupes de quatre équipes. Le
tournoi, qui comporte un programme chargé de 16
parties, se joue désormais durant deux semaines dans
deux villes différentes du pays organisateur, voire
plus.
Cette forme de compétition résistera jusqu'en 1992,
où le Sénégal accueille 12 sélections au lieu de
huit. Sous la pression du nombre grandissant des
pays affiliés à la CAF, l'instance continentale
prend cette initiative pour permettre à toutes les
grandes équipes de pouvoir animer cette compétition
et de s'assurer une large médiatisation grâce à la
présence des professionnels à l'étranger, surtout
dans les championnats européens. De cavalcades en
cavalcades, la Coupe d'Afrique des nations de
football changera de peau pour la énième fois. C'est
ainsi que la CAF a confié en 1996 à l'Afrique du
sud, qui venait de réintégrer le concert africain,
d'héberger les 16 nations qui se disputeront le
trophée.
Citoyens
d'Afrique
La question des footballeurs africains expatriés a
constitué l'un des importants aspects de cette
première évolution de la plus prestigieuse
compétition continentale. En effet, les discussions
ont été chaudes au siège de la CAF, au Caire, à
propos de ce sujet, qui sera résolu définitivement
par le quatrième président, l'Ethiopien Ydnekatchew
Tessema. Au début de la compétition, seuls les
joueurs évoluant dans leurs pays étaient autorisés à
figurer sur la liste communiquée à la CAF en
prévision de chaque tournoi, comme le stipulaient
les règlements de la FIFA.
Les sélections qui disposaient de joueurs évoluant à
l'étranger ont été ainsi privées des services des
"enfants du pays". Elles ont dû attendre la réunion
du Caire (24-25 mai 1967) pour qu'une fédération
nationale puisse finalement "utiliser" un maximum de
deux joueurs jouissant de la nationalité de leur
pays bien que licenciés et pratiquant dans un autre,
et "quel que soit leur statut en tant que joueurs".
Ce nouvel amendement a profité dès 1972 au Congo
Brazzaville qui a remporté le trophée continental
grâce à ses deux professionnels M'Pelé et Balekita.
Dix ans plus tard, à Tripoli (3-4 mars), l'Ethiopien
Tessema va mettre fin aux discussions byzantines au
siège de la CAF. Conformément à l'article 3 du
nouveau règlement de la FIFA, désormais "tout
joueur, citoyen d'un pays en vertu des lois de ce
pays, est qualifié pour jouer en équipe nationale ou
représentative de ce pays". Cette décision de la CAF
a été bénéfique pour le football africain qui, grâce
à l'apport des professionnels, fait actuellement
l'objet d'une large diffusion dans les plus grandes
chaînes de télévisions internationales.
L'avenir
c'est l'Afrique
Les seize équipes participantes animent les mêmes
ambitions de s'adjuger le trophée, un rêve caressé
tant par les équipes que par les joueurs qui
aspirent à marquer de leurs empreintes ce "Mondial
africain". Mais si certains footballeurs ont vu
leurs efforts récompensés, tout au long l'histoire
de la CAN, en brandissant le Trophée, d'autres,
pourtant considérés à leur époque comme idoles du
football africain et qui ont fait le bonheur des
grands clubs européens notamment, y compris des
Marocains, ont quitté la scène sans avoir jamais eu
cette chance.
Le football africain est en progrès constant.
"Intrinsèquement, les Africains comme les Brésiliens
sont supérieurs aux Européens. Ils leur manquent
l'organisation et la formation chez les jeunes. Mais
il y a un nombre toujours plus élevé d'Africains
dans les grands clubs européens. Ils ont une plus
grande soif de réussir car ils ne connaissent pas le
confort des Européens. Leur motivation est donc
supérieure", souligne
Robert Nouzaret,
le sélectionneur de la Guinée. Un avis que partage
Joseph Blatter,
le président de la FIFA, ainsi que
Issa Hayatou, le
président de la CAF qui insiste sur la mise à niveau
du football africain:
"Il reste beaucoup à faire,
dans les domaines notamment de la gestion, de la
formation des cadres, de la mise à niveau des
infrastructures, de l'amélioration de la situation
des joueurs afin de freiner leur exode".
D'après la MAP
Bilan
de la participation marocaine à la CAN
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